Voyage

28 Jan 2015

Article philosophique a deux balles, bonsoir !

 

Me voila perdue depuis quelques jours au fin fond du Worcester Shire, pour des raisons professionnelles. Mon travail m’amène a sortir régulièrement de Londres, et c’est un rythme qui me convient, j’y trouve mon équilibre. Je ne suis pas sédentaire, mais j’aime avoir un chez moi. Je ne suis pas capable de tenir en place, mais j’aime avoir des points de repère. Les déplacements représentent pour moi (pour le moment…il paraitrait qu’on s’en lasse !) une véritable opportunité d’aller voir ailleurs si j’y suis, et de revenir sans avoir tout laissé de coté. Et s’il y a une chose que j’aime particulièrement, c’est le temps que je passe dans les transports.

 

Un peu surprenant ? Oui, c’est parfois long. Oui, il faut passer d’un train a un autre, d’un bus a l'avion. C’est forcément très fatiguant. Mais j’aime ces parenthèses hors du temps. Certaines personnes lisent, certaines personnes écoutent de la musique. Je ne fais rien. Je regarde par la fenêtre, et je découvre le paysage. Pourtant, je fais partie de ceux qui ont peur de l’ennui. Qui stressent a l’idée de n’avoir rien de prévu, du tout, dans une journée. J’ai l’impression de perdre mon temps si je ne planifie rien. Parfois, je me force à « rester tranquille ». Mais même dans ces cas la, je finis avec un livre dans la main, je finis par écrire un article (huhu), je finis par gribouiller sur un papier, je me lève, je me prépare un thé, je me promène sur internet. Je ne sais pas « ne rien faire ». Et ce n’est pas quelque chose de positif. Je veux tout, tout de suite, je veux que les choses avancent, je veux du mouvement, et j’ai du mal à accepter que les gens autour de moi ne soit pas dans la même dynamique.

Mais quand je suis dans un train, dans un avion, dans un bus, il ne se passe plus rien. Je suis juste la. Mes pensées ne me mènent pas ailleurs, je ne cherche pas a trouver un but a l’instant présent. Je suis juste…présente. Ce mouvement, que je suis mais que je ne provoque pas, est un parfait et doux mélange. J’ai compris il y a peu pourquoi je me sentais aussi bien dans ces moments là. Je suis juste là, je m’émerveille devant chaque détail de la vie qui passe sous mes yeux !

 

Je tenais à le souligner, a le partager, car j’ai le sentiment que le voyage et le mouvement, facilités par des « moyens » (et je souligne ce mot !) de transport efficaces et des prix attractifs, sont de plus en plus ressentis comme des outils que comme des moments en eux-mêmes. Les voyages en calèche pour traverser le pays, les longues chevauchés ou les heures de marche au soleil ne sont pour nous que des images de roman. Et pourtant, il n’y a pas si longtemps, ma grand-mère passait plus d’un mois sur un bateau pour rejoindre mon grand père de l’autre coté du globe.

 

 

Prenez le temps de savourer ces moments. Demain, sur le trajet du bureau, regardez autour de vous. Apprenez a voir le quotidien différemment.
Prenez le temps de vivre, car la vie est au final un long voyage, rien de plus et rien de moins ! La question n’est pas de savoir qu’elle sera votre destination, ni de savoir ce que vous aurez accompli lors du trajet, mais plutôt comment vous aurez vécu ces instants !

 

Et pour finir comme j’ai commencé (dans la philosophie low-cost), voici une citation que j’aime beaucoup et qui s’applique tant aux voyages qu’a la vie !

 

"Le voyageur voit ce qu’il voit, le touriste voit ce qu’il est venu voir" - Gilbert Keith Chesterton

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